Extraits d'un chronique parue dans le Weekly Standard, hebdomadaire de référence pour la communauté néoconservatrice outr-atlantique. La chronique est écrite par Gerard Baker, éditeur en chef aux Etats-Unis du Times de Londres, propriété de M. Murdoch.
Europe retains its potential to undermine U.S. goals. As its current
strategies over Iran and China demonstrate, even a weak and divided
E.U. can, as the Lilliputians did to Gulliver, complicate America's
freedom of maneuver. A single, unified European approach would only
make things worse.
It would be a mistake for the Unites States to actively encourage a
European Union that sees itself as a growing counterweight to, not a
partner of, the United States.
President Bush should continue to make the case for his ideal of
freedom and for policies designed to bring it about. Persuading the
E.U. as an institution to join this cause is probably hopeless; but
persuading ordinary Europeans is not.
Not all Europeans are immune to the case for U.S. leadership. They
remember that we had a multipolar world between 1917 and 1989. It might
have been wonderful for certain political elites, but the broader mass
of humanity was the loser.
The Bush administration could also encourage its friends all over
Europe, who don't want to see their continent become a brake on
America's drive for freedom. Political support, through stronger
practical ties and material assistance from the Republican party to
conservatives across Europe, would be widely welcomed.
Cela nous donne idée du débat qui a lieu au sein de la communauté néoconservatrice aux Etats-Unis. Ainsi l'Europe compliquerait davantages les choses pour l'Amérique si elle adoptait une politique étrangère unique et unie. L'Amérique ferait une erreur stratégique si elle encourageait la naissance d'une Europe qui se verrait comme un contre-poids à son influence plutôt que comme son partenaire.
Le problème de cette logique est que la notion de partenaire pour les néoconservateur interdit toute initiative indépendante qui ne soit pas fonction des intérêts américains. La marche à la guerre en Irak, dont ils ont été les principaux architectes, l'a démontré: il n'y a pas de juste milieu pour les néoconservateurs. L'Europe doit se soumettre à la stratégie américaine, et les Etats-Unis doivent conserver toute liberté d'action. Difficile dans ce cas là de ne pas apparaître comme empêcheur de tourner en rond.
Quant à l'idée que les citoyens auropéens sont plus ouverts au leadership américain que ne le sont leurs gouvernements, elle relève du phantasme plus que de l'analyse sérieuse. J'invite le bon M. Baker à consacrer quelques minutes au dernier rapport du Pew Research Center intitulé "The Spread of Anti-Americanism".
On y apprend que la proportion de l'opinion qui pense que les Etats-Unis ne prennent pas en compte les intérêts des peuples étrangers dans leurs décisions varie de 61% en Grande-Bretagne à 77% en Jordanie. La proportion est de 84% pour la France, et de 77% pour la Russie.
Egalement dans le rapport: 66% des citoyens d'Europe de l'ouest pensent qu'il est positif que les Etats-Unis se sentent vulnérables. Ils sont 70% en Europe de l'est et en Russie. 76% des asiatiques pensent de la sorte.
Aussi, 41% des anglais pensent que la guerre contre le terrorisme engagée par les Etats-Unis n'est pas sincère (et cachent d'autres intérêts). En France, 61% de l'opinion est de cet avis; 65% des allemands partagent cet opinion.
74% des Français, 60% des italiens, 60% des anglais, 47% des allemands, et 68% des canadiens pensent que l'action des Etats-Unis ne résoud pas les problèmes du monde.
Pourtant, les Européens font la part des choses. Ils sont 73% en Grande-Bretagne, 68% en Allemagne, 53% en France et 64% en Russie, à avoir une opinion favorables du peuple américain.
Bref, M. Baker, rejoignez la communauté des faits, et cessez de vous complaire dans des voeux pieux.