Le prix du baril de pétrole a atteint 57,60 dollars jeudi dernier, avant de redescendre sous ce seuil. Vendredi, il a clôturé à 56,72 dollars (Crude). Dans le discours des analystes, le niveau de 60 dollars le baril est ouvertement discuté.
Alors que le prix du pétrole continuait sa marche vers 60 dollars le baril après avoir franchi le seuil de 57 dollars, jeudi, il est devenu évident que les opérateurs n'accordent plus d'importance la proposition de l'OPEP de se réunir la semaine prochaine pour discuter d'une éventuelle augmentation de la production.
Lundi, la baril de crude a clôturé à 57,21 dollars.
Le tableau ci-dessus (Angry Bear) montre l'évolution du prix du pétrole depuis 1970 en dollars actuels. En jaune, le prix réel du pétrole compte tenu de l'inflation des prix, du point de vue du consommateur. En bleu, le prix réel du pétrole compte tenu de l'inflation des prix de production, du point de vue des producteurs d'énergie.
Pour le consommateur que vous êtes, l'essence est plus chère qu'elle l'était pendant la période qui a suivi le premier choc pétrolier (1973). Elle a retrouvé son niveau de 84, mais à l'époque, le prix du pétrole baissait au fur et à mesure que le monde s'habituait à la volatilité de la région du Golfe Persique (Révolution iranienne, guerre Iran-Irak). Du point de vue des entreprises, le pétrole n'a jamais été aussi cher, excepté pendant la période 80-82, qui correspond à la fin de la révolution iranienne, et au début de la guerre Iran-Irak (septembre 80).
Comme l'indique le tableau ci-dessus (Washington Monthly), la demande mondiale de pétrole n'a cessé de croître, et à un rythme supérieure à l'augmentation des capacités de productions des majors (ExxonMobil, ChevronTexaco, Total, BP, Shell, etc.). Avant 2010, la demande mondiale va, logiquement, dépasser la capacité de production mondiale des compagnies productrices. Ceci ne présage rien de bon pour le niveau des prix de l'énergie, et, par voie de conséquence, pour l'économie mondiale.
En effet, l'exploration, la production et la distribution de produits pétroliers implique des investissements si lourds, qu'une simple variation de la demande ou de l'offre entraîne de fortes variation des prix (en général vers le haut).
D'autant plus que, dernièrement, certaines de ces majors induisaient les marchés en erreur quant à leurs réserves (le volume de pétrole non exploité sous leurs contrôle - pour lequel elles ont acquis les droits auprès des pays producteurs).
Ensuite, la Chine et l'Inde entrent dans la danse. Et leur demande en énergie, bien qu'en-dessous des niveau occidentaux, ne peut qu'augmenter pour accompagner leur développement économique. Les marges de manoeuvre sont donc TRES réduites.
Cela met en perspective les évènements des dernières années (même si le pétrole n'est pas le seul prisme):
- Guerre en Irak
- Tentatives de renversement du président vénézuélien Chavez
- Le ton relativement complaisant de l'occident vis-à-vis du Président Poutine
- Chute de Shevardnadze en Géorgie, où, depuis l'arrivée au pouvoir de Mikhail Saakashvili (très bien vu par la Maison Blanche, éduqué à Harvard), il se passe des choses bizarres.
- etc.
Le baril à 60 dollars est pour demain. A quand le baril à 70 dollars?
J'oubliais: pour ceux d'entre nous qui conduisent des 4x4 (en rouge), il va falloir penser à rouler plus économique...


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