Le cours du pétrole ont atteint 57,27 dollars à New York, vendredi 01/04. Jeudi, le prix du baril s'était déjà envolé de 1,41 dollars à Wall Street après la publication d'une analyse de la banque Goldman Sachs un peu alarmiste. Dans le document, Arjun Murti, l'analyste en question, estime que la forte demande américaine et chinoise crée un déséquilibre entre offre et demande de pétrole, ce qui fait varier les prix.
Car l'industrie du pétrole requiert de gros investissements (capital-intensive) qu'il faut rentabiliser. Pour cela, il faut faire tourner les infrastructures à fond (plateformes, raffineries, distribution, etc.) Quand on a besoin de plus (ou moins) de pétrole, le temps de réaction des producteurs est donc assez long, ce qui envoit les prix au plafond, ou au plancher. Pour les courageux, voyez le schéma ci-contre (merci Calculated Risk), qui explique la volatilité des prix du pétrole.
Donc, notre analyste prévoit un baril à 75 dollars en 2006 et à 105 dollars en 2007. Arjun Murti prévoit également un retour aux alentours de 30 dollars le baril en 2010. Pour l'année 2005, son forecast conservateur est de 50-55 dollars le baril.
Mais ce qui frappe, ce n'est pas la cause de l'augmentation de la demande (activité économique soutenue en Chine et aux US - les veinards), mais la réaction des marchés. Dans le cas présent, l'analyste fait simplement des projections, mais dans l'absolu, il ne hausse sa fourchette de prix que de 50-85 dollars le baril à 50-105 dollars le baril. Et les marchés s'affolent.
Vendredi, les cours ont continué de grimper car "une panne électrique a paralysé momentanément la production de la raffinerie de Amuay, partie du centre de raffinage Paraguana, au Venezuela."
Je ne suis pas devin, mais je me dis que l'un des prochains objectifs d'Al Queda, outre le travail qu'ils font en Irak, se trouve quelquepart dans une des nombreuses raffineries du Golfe Persique
La je ne suis pas vraiment l'analyse du monsieur. Tout porte à croire (rapports, analyses scientifiques americaines et autres) que les réserves naturelles de pétrole exploitable (non-off shore donc) faussement annoncées comme quasi-épuisée depuis des années, devraient suffir, au rythme actuel et compte tenu de l augmentation de la consommation (Chine et Inde compris), pour tenir jusqu'en 2040/2050.
Du coup je me pose la question : à quoi diable tient la baisse en dessous de 30 dollars prévue pour 2010 ? Une telle baisse ne saurait venir que d'un seul possible scénario : une hausse énorme du ratio offre/demande.
La, il existe deux possiblités fondammentales : une hausse de la production restant peu propable dans des proportion aussi grande, la consommation de pétrole devrait donc chuter.
Je suppose donc que le Nucléaire ou la biomasse ou n'importe quelles autre source d'energie va donc faire une percée très rapide.
Oui mais voila : avec l'histoire des 30 dernières années, comment diable l'utilisation d'energie alternative peut-elle percer dans les 5 prochaines années sachant que l'épée de Damokles "réserves épuisées" ne semble plus être d'actualité ? Le manque de sagesse environementaliste du monde me semble un peu trop importante...
Rédigé par : Arno | 06 avril 2005 à 21:09
Certes, mais je parle de la réaction des marchés, non pas de la réalité concrète sur le terrain.
Il y a, certes, encore beaucoup de pétrole à découvrir, mais la capacité des majors à forer dans des zones dangeureuses ou difficiles (nouveaux eldorados: Caspienne, Sibérie, Nigéria, asie centrale) est limitée. Et surtout, ces installations sont vulnérables à des attaques terroristes (asie centrale + caspienne = zone de l'ancienne sphère soviétique où se trouvent bcq d'armes nucléaires "dans la nature").
C'est le risque perçu qui compte...
Rédigé par : Liberté Frite | 07 avril 2005 à 10:23