Un petit faible pour les crânes rasés, tonton Bush...
On adore...
Courtesy of Rigorous Intuition & Julius.
Un petit faible pour les crânes rasés, tonton Bush...
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23:37 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Le Monde du 9 mars posait la question: Proche-Orient, faut-il remercier Bush? Der Spiegel se la posait le 23 février, en faisant le parallèle avec le Président Reagan, également honnis par les allemands dans les années 80, mais qui eut finalement raison.
Aux Etats-Unis, les grands média ont, pour beaucoup, répondu par l'affirmative.
Dans NewsWeek, Fareed Zakaria, chroniqueur politique, spécialiste du Moyen-Orient, disait: "Le Président avait raison sur des grandes questions. Maintenant, s'il réussit sur les détails, il changera le monde."
Jeff Jacoby, du Boston Globe, journal plutôt à gauche, déclarait: "Il est temps d'écrire noir sur blanc la phrase la plus difficile de la langue anglaise. Cette phrase est courte et simple. C'est: Bush avait raison."
Plus mesquin, John Vinocur, journaliste américain qui couvre l'Europe pour l'International Herald Tribune, lâche sa très europe-bashing prose, le 15 mars dernier, dans sa chronique "Politicus":
S'il s'avère que George Bush avait raison sur Irak, et qu'il a sa part de responsabilité dans le Printemps Arabe qui, de l'Egypte à l'Arabie Saoudite, fait bourgeonner de petits progrès politiques, c'est un développement effrayant et décrédibilisant pour les leaders européens, de l'Espagne à l'Allemagne.
Outre l'oubli que George Bush avait tort sur l'Irak - aucune arme de destruction massive trouvée à ce jour, pas de lien entre Saddam et Al Queda - notre ami Vinocur, comme beaucoup d'autres, se permet quelques raccourcis dans l'analyse de la situation au Moyen-Orient. Car le Printemps Arabe de John Vinocur se résume à deux choses: les élections en Irak du 30 janvier, et les manifestations anti-syriennes au Liban.
La question qui se pose donc est simple: ces deux évènements sont-ils indicateurs d'une (r)évolution démocratique, prête à se propager dans la région?
Pour Juan Cole, professeur d'histoire à l'Université du Michigan et spécialiste de la région, George Bush peut avoir raison si deux éléments sont prouvés:
Tout d'abord, précise M. Cole, les changements de régimes issus d'interventions étrangères ont plutôt été la norme que le contraire au Moyen-Orient: l'Egypte de Nasser intervient au Yémen dans les années 60, les Israéliens repoussent l'OLP du Liban en 82 et tentent d'installer un régime ami, sans parler du renversement, par la CIA et les services secrets anglais, du Premier Ministre Mossadegh en Iran, en 1953. Et n'oublions pas l'invasion du Koweït par Saddam Hussein en 1990. L'intervention américaine en Irak n'a donc rien d'innovant ou de nouveau pour la région...
La pression américaine a-t-elle produit des résultats dans la région? Pas en Libye, où le Colonel Khadafi, qui a retrouvé les faveurs de Washington, continue de régner en maître sur le pays. En Syrie et en Iran, le parti Baath et les Mollahs ont même durci leurs régimes depuis l'invasion. Certes, des changements ont eu lieu. Mais quand on y regarde de près, les choses sont un peu moins reluisantes.
- En Egypte, Le Président Moubarak a récement promis d'ouvrir les prochaines élections. Mais le principal parti Islamiste, Les Frères Musulmans, est interdit, et ne pourra probablement pas présenter de candidat.
- L'Arabie Saoudite a pour la première fois, organisé des élections municipales, en février dernier. Les électeurs n'ont eu le droit d'élir que la moitié des conseillers municipaux, l'autre étant nommée par la monarchie. Les maires sont aussi nommés.
Que dire du modèle irakien? Si des élections sur le modèle "1 électeur, 1 vote" ont eu lieu, c'est à la demande insistante de l'Ayatollah Sistani; l'administration Bush avait opté pour une solution moins démocratique, mais plus susceptible de produire un gouvernement pro-américain.
Et à quel coût? Etant donnée la dégradation spectaculaire de la situation en Irak, les dégats subits par le pays depuis sa libération, et surtout le prix payé par les irakiens, il est peu probable que les populations arabes voisines associent le modèle irakien avec quoi que se soit de positif. L'étude produite par le Center for Strategic Studies de l'Université de Jordanie sur les opinions arabes en atteste: l'un des principaux reproches fait par les populations arabes du Proche-Orient aux pays de l'Ouest est le décalage entre les idéaux affichés par ceux-ci et les comportements constatés.
Finalement, à la source du sentiment de vindication de M. Bush il y a principalement, et c'est ce qui est paradoxal, les manifestations anti-syriennes au Liban, déclenchées par l'assassinat de Rafic Hariri, le 14 février dernier. Ce premier soulèvement populaire (le Hezbollah pro-syrien organisa une contre-manifestation le 8 mars) très médiatisé, établit un parallèle avec les récentes "révolutions" démocratiques - et dramatiques - en Ukraine et en Géorgie. A la suite de la tenue des élections en Irak, le 30 janvier, les manifestations libanaises n'ont pas manqué de créer une impression de propagation démocratique au Moyen-Orient. Ce que M. Vinocur appelle, de façon grandiloquente, le Printemps Arabe.
Or, il n'y a pas de lien entre les deux évènements. Les Libanais votent depuis 1943, et n'ont surtout pas besoin d'une leçon de démocratie de la part de leurs cousins irakiens. De plus, le mouvement anti-syrien n'a qu'un dénominateur commun: le ras-le-bol de l'ingérence syrienne, et la corruption qui y est associée aux yeux des libanais. Une fois les syriens retirés, il est peu probable que cette unité se transforme en stabilité politique. Au contraire, le sentiment pro-syrien est important au Liban, comme l'atteste l'ampleur des contre-manifestations du Hezbollah. Les évènements au Liban ne sont donc pas le produit de l'action américaine en Irak, mais bien la continuation de l'histoire mouvementée du pays.
Alors, que reste-t-il a mettre au pied de l'autel du grand schéma réformateur du Moyen-Orient concocté par George Bush et ses amis néo-conservateurs? Pas grand-chose, évidemment. Mais, d'un point de vue médiatique, le président américain a su tirer grand profit d'évènements sur lequel il n'a que très peu d'influence, comme à son habitude.
13:31 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Le journal du College de Guerre de l'armée américaine, Parameters, publie cet article de Kenneth Payne traitant du rôle et de l'impact des médias sur l'issue des conflits armés. Il pose clairement la question: faut-il considérer les médias comme des éléments civils, et leur garantir les protections usuelles (Convention de Genève, etc.) ou pas? Car les médias sont engagés, et leurs actions pèsent désormais lourd dans la bataille de l'opinion qui accompagne chaque conflit.
Détails:
Targeting the Media
If the media are present, and they are undermining the political-military strategy, it makes sense to control them. If they are behaving in a non-neutral way, it may even seem appropriate to target them.
If the media are behaving impartially, then they are entitled to treatment as civilians. Where they are not, the assessment of the general counsel suggests that they can be targeted militarily. The trick is in making an accurate judgment about their partiality and the motives behind it.
Les penseurs du Pentagone abordent ainsi pleinement la question du ciblage militaire des médias, et le permettent dans certaines circonstances - quand les médias sont engagés, et pas du bon côté.
Cibler les médias enemis a toujours été commis lors des conflits précédents: Deuxième Guerre Mondiale, et dernièrement Kosovo (des missiles alliés détruisent partiellement le bâtiment de la TV serbe à Belgrade, le 23 avril 99). Cette pratique est acceptée, et, à l'ouest, peu de personnes se sont insurgées contre l'attaque de la Serbian Broadcasting Corporation.
Car les lignes entre amis et enemis étaient assez claires. Or, aujourd'hui, ces lignes se sont dissipées, et, comme l'a montrée la guerre d'Irak, les anciens alliés peuvent s'opposer, les coalitions des 'willing' se font de façon ad hoc. Donald Rumsfeld ne disait-il pas que "c'est la mission qui détermine la coalition?"
Alors que faire des journalistes des pays qui ne font pas partie de la coalition, et qui sont critiques vis-à-vis l'action des forces armées américaines?
Et que faire de ces civils qui prennent l'habit de journaliste, les bloggers, si leurs écrits sont critiques de l'action armée?
Que le Pentagone se pose ces questions n'est pas surprenant au vu des dernières batailles de l'opinion qu'il a perdues (Faloujah, Najaf, Abou Grhaib) Non, ce qui donne froid dans le dos, c'est que, étant donné la culture d'orgueil et d'impunité de l'administration Bush, il n'est pas difficile de deviner dans quel sens va s'orienter ce débat, et les conclusions qu'il va produire. Pensez à Alberto Gonzales, le nouveau Ministre de la Justice américain, qui, au poste de legal counsel de la maison Blanche, avait donné le feu vert à l'utilisation de la torture dans la lutte contre le terrorisme.
Il n'est pas étonnant que le gouvernement américain refuse ait toujours refusé de rejoindre la Cour Pénale Internationale...
00:37 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
BlogAds dévoile les résultats d'un sondage non-scientifique effectué aux Etats-Unis auprès de 30 079 lecteurs de blogs (dont Liberté Frite)
Quelques résultats:
Age
Sexe
Revenus
Professions
Appartenance politique
Activité politique dans les derniers 6 mois
Utilité des sources d'informations (première position)
Nombre de blogs lus quotidiennement
Heures de lecture de blogs par semaine
Pourquoi lire des blogs?
Lire les blogs via RSS
Ecoute de podcasts par semaine
18:34 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Une importante étude a été réalisée par le Center for Strategic Studies de l'Université de Jordanie sur les attitudes qu'ont les populations de 5 pays du moyen-orient (Liban, Syrie, Jordanie, Palestine, Egypte) vis-à-vis de la France, des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne.
Les résultats (en anglais) peuvent être obtenus ici (totalité) ou ici (résumé).
Il est important de noter que, même si l'étude a été publiée en février 2005, les résulats ont été obtenus il y a à peu près 1 an, avant les élections en Irak, et avant l'assassinat de Rafic Hariri, à Beyrouth, et les manifestations qui ont suivies.
Le résumé des conclusions:
1) Les populations arabes maîtrisent les différences entre ce que constitue les valeurs de l'ouest et celles du monde arabe. Elles associent l'Ouest avec les notions de liberté individuelle et de richesse, tandis qu'elles se considèrent plus proches des notions de famille et de religion.
2) La perception, par les populations arabes, des valeurs sociétales et culturelles de l'ouest ne détermine pas leurs attitudes vis-à-vis des politiques étrangères des gouvernements de l'ouest.
3) La religion n'est pas à la source des tentions entre le monde arabe et les pays de l'ouest.
4) Le monde arabe ne rejette pas les objectifs de politique étrangère poursuivis par les gouvernements de l'ouest. Il pointe plutôt du doigt la différence entre les idéaux affichés et la réalité perçue sur le terrain.
5) Les populations arabes sont en profond désaccord avec les positions américaines sur les sujets du terrorisme, du conflit Israelo-arabe, et de la guerre en Irak.
6) Malgré les désaccords et les frustrations, une grande partie des populations arabes souhaite des relations plus solides entre leurs pays et l'ouest.
7) Il est peu probable que le rejet de l'action des Etats-Unis ne diminue en l'absence d'un changement de la politique étrangère de ce pays.
Quelques détails (en anglais):
PERCEPTION DE LA FRANCE, ETATS-UNIS, GRANDE-BRETAGNE
Respondents
clearly distinguish between foreign policies of Western states under examination,
evaluating French foreign policy positively, and American and British foreign
policies negatively. The majority of respondents portrayed France as an
altruistic neighbor, honestly interested in promoting the welfare of the Arab
world.
In stark
contrast, when asked about the US and the UK, the vast majority of respondents expressed the opinion that that these
countries are selfish and insincere in their foreign policies. They believe the US in particular attempts to dominate other countries, violates human rights, and
- rather than approaching other countries with respect and dignity - tries to
impose its policies on the rest of the world.
In marked contrast to statements made by US leaders proclaiming an interest in promoting democracy and freedom in the Arab World, Arabs see US leaders as self-interested and determined to impose American will on the Arab world without regard to the opinions of Arabs, Europeans, or even the American people themselves.
Arabs
perceive a difference in the foreign policies of France and those of the and the UK. They
characterize France
as treating countries with respect and dignity, promoting democracy and human
rights, and not imposing its national will upon others. In contrast, the US and the UK are perceived as promoting their
own interests, even in the extension of economic aid, as imposing their wills
on other countries, and as violating human rights. Furthermore, the majority of
Arabs believe that USforeign policy is unduly influenced by the "Zionist Lobby” which is seen
as a driving force in
foreign policy in the region.
LA GUERRE EN IRAK
Arabs
uniformly and strongly oppose US policies toward Iraq.<>
They do not believe the forceful overthrow of Saddam Hussein was justified.
LE TERRORISME
Arabs demonstrate a considerably different understanding and definition of terrorism than that understood in the West. We find that most Arab views of terrorism do not coincide with those defined by the US State Department as "all premeditated, politically motivated violence perpetrated against noncombatant targets”. Rather, they see such violence -- and the groups that perpetrate it -- as legitimate if they are part of a strategy to counter the policies of what they see as threatening powers - the US and Israel.
12:53 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Du nouveau au Liban, où une énorme manifestation de l'opposition a été organisée hier, dans le centre historique de Beyrouth (Place des Martyrs/Canons)
Les estimations sur le nombre de manisfestants variaient entre plusieurs centaines de milliers (NYT) et 'près d'un million' (Figaro)
Le bras de fer entre l'opposition anti-syrienne et le Hezbollah continue donc. Comment lire la situation?
Helena Cobban, sur son blog, tente de nous éclairer. Selon elle,
11:03 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Les Etats-Unis se disent encouragés par les promesses du gouvernement syriens de retirer entièrement ses troupes du Liban.
De leurs côtés, certains irakiens trouvent ironique cette insistance américaine à voir les troupes syriennes quitter le Liban avant les élections prévues en mai, alors que les élections en Irak se sont tenues sous une occupation militaire maximale.
"He must have forgotten that his army is occupying Iraq," said Sa'ad Abdul Aziz, 21, an engineering student at Baghdad University. "What about the Republican Palace that they are using as a U.S. embassy?"
Au Liban, il apparaît que les Hezbollah et les chrétiens maronites se parlent pour mettre fin aux tensions qui divisent le pays.
Quant au ministre des affaires étrangères russe, Sergei Lavrov, en visite dans le pays, il n'a sûrement pas du faire plaisir à l'administration Bush, quand il a déclaré que "il est dans l'intérêt du Liban, et dans l'intérêt du Moyen-Orient, que le rôle politique du Hezbollah soit pris en compte."
D'autant que le numéro deux du parti chiite déclarait que le Hezbollah "a l'intention de devenir plus actif dans la vie politique du pays, sans pour cela rendre ses armes."
Et il le prouve. Selon Reuters, des centaines de milliers de manifestants pro-syriens se sont réunis à Nabatiyeh, dans le sud du pays.
Hundreds of thousands of people turned out for a Hizbollah rally against the United States on Sunday, even as a U.N. envoy met the Lebanese president to press demands for a Syrian pullout.
Un sondage fait au Liban nous aide à comprendre la dynamique politique du pays.
En outre, ceux qui considèrent les Etats-Unis comme "unfriendly":
23:47 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
La dernière enquête IPSOS n'est pas flatteuse pour les hommes...
Les femmes françaises
Avis à tous les hommes vivant en couple qui me lisent: ce soir, faites la cuisine, la vaisselle, et nettoyez les toilettes. N'oubliez pas de baisser le siège.
Photo: BBC
12:32 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Un accord entre chiites et kurdes semblerait permettre la formation d'un gouvernement en Irak (via Juan Cole).
01:41 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)